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Harmonium – Harmonium/les Cinq Saisons/l’Heptade

ParGabriel 22 novembre 2019Aucun commentaire
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Harmonium

 / Harmonium/les Cinq Saisons/l’Heptade


(5/5)
Genre:  Rock Progressif

Formation:  Serge Fiori : Voix, Guitare 6 et 12 Cordes, Flûte Traversière, Mandoline, Zither Harp, 2 Secondes De Cymbales, Bass Drum, Cuillères - Michel Normandeau : Accordéon, Dulcimer, Guitare 6 Cordes, Voix - Louis Valois : Basse, Piano Électrique, Voix - Pierre Daigneault - Flûtes Traversières, Piccolo, Sax Soprano, Clarinette, Flûte À Bec - Serge Locat : Piano Électrique, Grand Piano, Mellotron, Synthétiseur

Harmonium est ce que l’on pourrait appeler un groupe iconique. Nous vous offrons un petit coup de projecteur sur ce groupe québécois en vous présentant leurs trois albums studio « Harmonium » en 1974, « les Cinq Saisons » en 1975, « l’Heptade » en 1976 et un ultime et dernier album, un concert, « Harmonium en tournée » sortie après un long passage studio en 1980.

Pour comprendre un peu l’histoire de ce groupe on doit se plonger dans le contexte des années 70 au Canada et particulièrement dans la région du Québec ou l’identité de la langue comme du patrimoine émerge de plus en plus.  Après plusieurs coups de pouce de Chaines de Radio et des passages dans des « boites à musique » comme on dit par-là bas, le groupe se fait de plus en plus connaitre et ce succès naissant permet de signer dans la Maison de disques Quality. Arrive donc le premier album éponyme « Harmonium ». 9 titres où le choix d’instruments acoustiques est omniprésent et délibérément voulu. L’album fut enregistré en à peine 4 jours. Et l’ambiance douce et feutrée d’un folk progressif émerge au même titre qu’une voix, la voix de Serge Fiori tellement expressive que l’identité vocale est déjà présente et on reconnait les chansons de suite. Des titres comme « Harmonium », « si doucement », « aujourd’hui je dis bonjour à la vie », « vieilles courroie », « 100 000 raisons » et j’en oublie, sont des chansons qui marquent l’album de leurs talents naissants. Des textes poétiques ou engagés mais toujours avec une douceur paisible porté par ce son délicieusement acoustique. A la sortie de l’album l’accueil fut extraordinaire et il a eu quelques 130 000 albums de vendus rien que sur la seule région Québécoise. De tournée de promotion et divers concerts de plus en plus important, sans compter les passages radio assidus, l’engouement pour le groupe n’est plus à démontrer. La fusée Harmonium décolle et se place en orbite du succès.

En 1975 nos compères retournent en studio pour préparer un nouvel album avec des chansons qui furent préparées et longuement mûries entre chaque concert. « Les Cinq Saisons », dont le vrai titre à l’époque était « Si On Avait Besoin d’Une Cinquième Saison ». L’œuvre se veut plus ambitieuse et comporte 5 titres. Deux musiciens les rejoignent, Serge Locat  et Pierre Daignault. L’acceptation d’introduire des nouveaux instruments comme la flûte et les synthétiseurs apporte une palette de couleurs et une épaisseur de son incroyable.

« Histoires sans paroles » ou bien « Depuis l’automne » magnifiques titres respectivement de 17 minutes et de 10 minutes sont la parfaite illustration du changement. Nous sommes totalement dans la mouvance progressive et une belle inspiration transpire sur les compositions, les paroles, les arrangements et le choix des sonorités sur l’ensemble des titres. Nous sommes bien loin des sonorités folks du premier album. Petite particularité de la galette, c’est une absence de batterie ou de percussions. Choix là encore, délibéré par le groupe pour éviter de surcharger les titres et ne garder que la mélodie planante et enveloppante sans artifice superflue tape à l’œil. L’album s’arrache (et on le comprend) leur notoriété dépasse maintenant le simple cadre du Québec et commence même à s’immiscer en Europe. Cette notoriété devient un peu envahissante et des gens se plaisent à planter la tente devant les maisons des musiciens notamment celle de Serge Fiori ou le moindre signe est attendu tel le messie.

Arrive l’année 1976 et « l’Heptade » le troisième opus débarque en novembre, un double album dans un registre « concept album » basé sur les 7 niveaux de conscience de l’être humain. Là encore un nouveau cap musical, poétique et philosophique est franchi. Les moyens techniques sont encore plus importants que sur les précédents albums. La présence d’un orchestre symphonique mené par le talentueux chef d’orchestre Neil Chotem apporte une sonorité finement détaillée ciselée ou rien n’est laissé au hasard à chaque titre. Une qualité d’arrangements de belle facture fait ressortir la délicate répartition entre les musiciens et l’orchestre avec une intelligence rare. Le spectre sonore est de nouveau dans les dominantes acoustiques, laissant un peu moins de place au fameux mellotron par exemple. Cet album reste et restera l’œuvre majeur du groupe avec des titres comme « le premier ciel », « le corridor »  « Lumière de vie » ou « comme un sage » pour ne citer qu’eux, renforcé par cette forte émotion proposé par la fragilité et le charisme vocale de Serge Fiori.

La dernière œuvre est un concert sobrement appelé « Harmonium en tournée » sortie en 1980 après diverses problématiques. Le concert reprend la majeure partie des titres de « l’Heptade » ou les instrumentations électroniques (le son du fabuleux synthé moog par exemple) reprennent le devant de la scène. Le coté improvisation bien maîtrisé et certain titres s’en retrouve rallongés. Tout cela donne un subtil mélange de feeling et spontanéité incroyable à l’ensemble.

Par la suite Harmonium, est moins présent sur les ondes et la flamme s’éteint doucement.  Néanmoins ils ont laissé une empreinte durable dans le collectif québécois, et possède même un «cover-band», qui continue, de porter les couleurs de leurs chansons dans les bars et les boîtes à chansons.

Retrouver mes vinyles pour écrire cette chronique m’a permis de me replonger dans mes émotions personnelles et de déceler des détails que je n’avais pas entendu ou compris à l’époque. Donc pour me faire un gros plaisir je me suis commandé « L’Heptade XL (2016) » avec de nouveaux arrangements et le concert spectacle sur DVD.

Rédigé par Jipé yoda


Genre:
  Rock Progressif
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 Gabriel

  (602 Critiques)

C’est en 1971 après avoir écouté Aqualung le quatrième album studio du groupe de rock Jethro Tull, que j’ai découvert le rock progressif. Ce fut une révélation et depuis je n'ai cessé d'écouter et d'apprécier ce style musical. Partager ma passion à partir de ce site m’a semblé comme une évidence. Il va me permettre de vous tenir au courant de mes coups de cœur et découvertes, pour la plupart récentes, sans renier toutefois les albums des groupes plus anciens qui ont marqué ces cinquante dernières années.

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